Extraits de l’Intervention de Claude Berruer, secrétaire général adjoint de l’Enseignement Catholique – St Laurent – Novembre 2009
« Eduquer à la liberté »
Lorsque la direction des établissements catholiques et l'enseignement étaient assurés par des religieux, les injonctions orales émanant de l'Église, les notions de transmission de valeurs, de missions éducatives étaient des moteurs pour faire fonctionner les établissements. On s'y inscrivait essentiellement par conviction religieuse.
Aujourd'hui, plusieurs éléments ont largement transformé l'image de l'enseignement catholique.
Le premier débute avec la loi « Debré » de 1959 qui reconnaît la mission de service publique rendue par l'enseignement privé et permet aux établissements qui acceptent de passer un contrat avec l'État, d'être financés par la puissance publique. En contrepartie ces établissements s'engagent à « dispenser un enseignement selon les règles et programmes de l'enseignement public » (article 4 de la loi Debré) dans le respect total de la liberté de conscience, à un public d'élèves sans distinction d'origine, de croyances ou d'opinion politique.
Ainsi, l'établissement catholique, par le contrat qu'il signe avec l'État se situe donc à l'articulation d'une double mission qui est d'une part, celle de toute institution scolaire publique d'enseignement et d'autre part, celle de devoir proposer quelque chose de différent en référence à son « caractère propre ».
En 1959, on rêve de séparer l’enseignement (qui serait commun à tous) et l’éducation (différente selon les familles spirituelles). Mais cela s’avère impossible : l’Enseignement Catholique est l’art de ne pas séparer ! Chaque établissement catholique doit posséder un caractère propre. Comment le définir ? « Cela peut être une ambiance particulière », « un climat évangélique »… Cependant, Claude Berruer insiste sur le fait qu’il ne faut pas se contenter de cette intuition mais essayer de mettre des mots sur cette ambiance, spécificité.
L’évangile est l’art des relations. L’Evangile est l’histoire d’une relation entre un maître et ses disciples (entre un enseignant et ses élèves).
Ce qu’un professeur transmet dans le cadre de son cours n’est jamais neutre, la manière d’accueillir des parents n’est jamais neutre, de répondre au téléphone… D’où la question : que transmet-on de notre vision de l’homme, de la société, de la foi dans nos cours, nos programmes ? L'enseignant doit respecter les programmes, les horaires (loi Debré) mais les méthodes pour mettre en oeuvre ses programmes restent la liberté de l'enseignant.
Qu’est ce qu’éduquer à la liberté ?
- Libérer quelqu’un c’est lui dire qu’il possède quelque chose à donner.
- Etre libre, c’est être capable de choisir. Or, lorsqu’on a rien, impossible de choisir ; si l’on possède tout, pas de choix non plus car on veut tout garder. Nous avons la mission d’affirmer notre caractère propre en retrouvant les fondamentaux de la loi Debré et de former nos élèves à choisir leur vie.
- Pour être libre il faut : 1/ se réjouir du monde; 2/ s'arrêter, remettre des priorités; 3/ faire des choix
- On ne peut pas être libre sans interdit (cf aussi les 10 commandemants) mais il n’y a pas d’interdit sans parole.
- Quelles paroles ? Pas des paroles de jugements mais des paroles qui libèrent, relèvent, élèvent.
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